Réglement d'équité salariale au Vieux-Port.
Que de gains!
Le 15 mai dernier, le syndicat des employés du Vieux-Port de Montréal, section locale 10333 de l’Alliance de la fonction publique du Canada, écrivait sa petite page d’histoire en signant une entente réglant un problème d’équité de salaire. En plus de mettre fin à un régime de discrimination systémique, l’entente prévoit la gestion conjointe du plan de classification pour l’avenir, une concession rarement observée dans d’autres milieux de travail.
La démarche a réellement débuté en octobre 2003 lorsque l’AFPC a déposé, devant la Commission canadienne des droits de la personne, une plainte alléguant le biais sexiste du plan d’évaluation des emplois du Vieux-Port. Suite à l’acquiescement de la Ccdp d’entendre la plainte sur le mérite, la Société du Vieux-Port de Montréal a accepté de s’asseoir avec le syndicat local et de négocier un nouveau plan. Trois ans de discussions, d’échanges et d’intenses travaux menés par le comité paritaire ad hoc ont été nécessaires pour en arriver à un nouveau système d’évaluation négocié.
Le jeu en valait cependant la chandelle. Non seulement le nouveau plan est-il exempt de biais sexiste, mais les dirigeants syndicaux ont réussi à obtenir une rétroaction forfaitaire couvrant la période entre le dépôt de la plainte (octobre 2003) et la signature de l’entente en mai 2008. Plus de 80% des postes à prédominance féminine se sont vu octroyer un réajustement de salaire. Parallèlement à ce règlement, une entente est aussi survenue sur l’équité interne. Les postes neutres ou à prédominance masculine qui se voyaient reclassifiés à la hausse avec le nouveau plan ont eux aussi reçu un montant rétroactif forfaitaire couvrant une période d’environ un an. Finalement, les postes qui étaient déclassifiés en vertu de ce système de classification ont obtenu une protection de salaire pour la durée restante de la convention collective et recevront les augmentations négociées en montant forfaitaire. C’est un règlement avoisinant le million de dollars que le syndicat des employés du Vieux-Port de Montréal a réussi à obtenir.
Au-delà de la donne monétaire, une autre porte a été enfoncée. En effet, la section locale aura désormais son mot à dire dans la gestion continuelle du plan d’évaluation. Elle participera à l’évaluation de tout nouveau poste, à la réévaluation des postes actuels si réévaluation il y a et aura son mot à dire lors de tout changement audit plan. C’est un véritable droit de gestion qui a été octroyé au syndicat, droit dont l’employeur est habituellement si jaloux. Ce nouveau pouvoir permettra au syndicat de mieux représenter ses membres et d’agir de façon proactive dans la prévention de la discrimination.
Il est de mise de féliciter les militants de cette section locale d’à peine plus de 300 membres. De par leur travail acharné, ils auront réussi à ouvrir une voie pour tout le mouvement syndical.
Si vous croyez que le règlement en question peut vous concerner, vous pouvez vous adresser aux dirigeants de la section locale, ils sauront vous aider. afpc10333@vieuxportdemontreal.com